Le Maroc, un pays d’Afrique moteur dans la lutte contre le changement climatique :
En route pour la COP 22 de 2016!

Le changement climatique: un enjeu d’avenir pour la Planète

Appelé aussi réchauffement global ou planétaire, le changement climatique est un phénomène d’augmentation des températures moyennes des océans et de l’atmosphère, au niveau planétaire, observé depuis une soixantaine d’années.

La Terre, depuis ses origines, a toujours connu des changements cycliques de climat, les périodes glacières alternant avec des périodes plus chaudes. Or on constate, depuis un siècle environ et surtout depuis les 50 dernières années, que l’augmentation de la température moyenne ne cesse de s’accélérer, à des rythmes méconnus.
Etant donné que le réchauffement climatique coïncide avec le développement industriel, l’activité humaine a été rapidement identifiée comme étant, au moins en partie, à l’origine de cette modification du climat, notamment du fait de l’émission des gaz à effets de serre, dont le CO2 est le plus courant. Ces émissions de gaz proviennent en effet de la combustion de carburants lors des déplacements (voiture, avion), des activités industrielles, des modes de production de nos sociétés (agriculture intensive etc).

 

Ce changement climatique se manifeste à travers plusieurs phénomènes. La multiplication des catastrophes naturelles (ouragans, inondations, etc.) est une des manifestations du changement climatique. L’élévation du niveau de la mer en conséquence de la fonte des glaces en est une autre. Le changement climatique fait déjà sentir ses conséquences de par le monde. Ainsi 1,2 milliards de personnes sont victimes dans le monde de maladies d’origine climatique, notamment respiratoires.

L’Afrique, un continent particulièrement impacté par les effets du changement climatique

Selon le dernier rapport du Groupement International d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC), l’Afrique sera, d’ici 2050, le continent le plus impacté par le changement climatique. Aujourd’hui plus de 500 millions d’hectares de terres ont déjà été dégradés, par suite des effets du changement climatique (érosion des sols, désertification etc).

Le Maroc fait partie des pays particulièrement sensibles aux effets du changement climatique à venir, de par la vulnérabilité de ses systèmes productifs comme l’agriculture. Déjà en situation de stress hydrique, avec une disponibilité inférieure à 1 000 m3 par habitant et par an, le Maroc devrait voir ses ressources en eau particulièrement impactées avec des phénomènes combinés de désertification, d’inondations et de rehaussement du niveau de la mer, qui placent le changement climatique au centre de l’agenda politique et économique du pays.

 

Les négociations internationales sur le changement climatique

Signé en 1997, le protocole de Kyoto est un accord visant à réduire l’émission des gaz à effet de serre dans le monde. Entré en vigueur en 2005, il a été ratifié par 183 pays. Il n’a pas été signé par les Etats-Unis. Chaque pays a reçu un seuil à ne pas dépasser fixé à 55% des émissions de 1990, hormis les pays en voie de développement qui n’avaient pas d’objectif chiffré contraignant.
Avec le développement économique de pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, ou certains pays d’Afrique, le risque de surémission grandit encore du fait de la production d’énergie et de l’essor du parc automobile de ces pays par exemple. C’est pourquoi la conférence qui aura lieu à Paris (COP 21 ou Conférence de Paris 2015) du 30 novembre au 11 décembre 2015 est décisive. Il s’agit d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser ou d’accélérer selon les pays la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone. Pour cela, le futur accord devra traiter, de façon équilibrée, de l’atténuation – c’est-à-dire des efforts de baisse des émissions de gaz à effet de serre permettant de contenir le réchauffement global à 2°C – et de l’adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques déjà existants, faute de quoi les scientifiques prévoient un scénario de détérioration irréversible de notre environnement. L’accord doit entrer en vigueur à partir de 2020 et devra être durable pour permettre une transformation à long terme.

Le Maroc, un leader régional et international dans la lutte et l’adaptation au changement climatique

Chaque pays doit publier, avant la COP21 de décembre 2015 (cf encart), une contribution nationale présentant ses objectifs en matière de lutte et d’adaptation au changement climatique. Le Maroc a ainsi présenté le 2 juin 2015 à Skhirat sa contribution nationale aux efforts de lutte contre le changement climatique (INDC Maroc).

Une politique nationale volontariste
Le Maroc est le deuxième pays africain, après le Gabon, à s’engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le Maroc s’est fixé un ambitieux programme de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 13% en 2030, avec une possibilité de réduction additionnelle de 19% sous réserve d’un appui financier international, qui porterait ainsi l’effort de réduction à 32% à l’horizon 2030.Le tout nécessitera un investissement estimé à 45 Mds de dollars (10 Mds pris en charge par le Royaume et 35 Mds provenant d’un appui international)

Présidée par le chef du gouvernement marocain, M. Abdelilah Benkirane, en présence de différentes personnalités africaines comme le Ministre tunisien de l’Environnement et du développement durable, M. Nejib Derouiche, ou le Représentant du Ministère de la Forêt, de l’Environnement et de la Protection des ressources Naturelles de la république du Gabon, cette manifestation a également vu la participation de personnalités internationales comme M. Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République Française pour la protection de la planète.

 

Deux politiques complémentaires au service d’un même objectif
Politique d’atténuation: Un effort principalement porté par le secteur énergétique

50% des projets d’atténuation concernent le secteur énergétique et plus particulièrement celui de la transformation (67%) avec des objectifs sectoriels précis:
– Une stratégie énergétique visant à porter à 42% la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée en 2020
– Un programme d’efficacité énergétique visant à économiser 12% d’énergie d’ici 2020 et 15% d’ici 2030
– Différents plans sectoriels et stratégies: programme de valorisation des déchets, plan d’assainissement liquide, stratégie de préservation des forêts, agriculture et habitat…

Politique d’adaptation: Une approche adaptée au contexte des entités territoriales autour de projets précis

– D’ici 2020: substitution des prélèvements des nappes phréatiques surexploitées par les eaux de surface, reconstitution de 200 0000 ha de forêts…
– D’ici 2030: dessalement de 285 millions de m3/an pour l’alimentation en eau potable, réutilisation de 325 millions de m3/an d’eaux usées épurées, construction de 38 nouveaux barrages, traitement contre l’érosion de 1,5 millions d’hectares sur 20 ans dans 22 bassins versants prioritaires

 

Le Maroc bénéficie par ailleurs d’une position particulière car c’est Tanger qui accueillera en 2016 la COP 22, la prochaine conférence internationale sur le changement climatique, dont chacun s’accorde à dire qu’elle sera la conférence de l’action après la conférence des décisions que sera la COP 21.
Cette position de leader régional des pays méditerranéens et africains a d’ailleurs été présentée durant la Medcop 21, conférence méditerranéenne sur le climat qui a eu lieu à Marseille du 4 au 5 juin 2015 et qui a vu une forte mobilisation des acteurs marocains.

La Medcop 21 – Le changement climatique, levier de développement et de coopération entre acteurs de la MéditerranéeForum des acteurs de la société civile sur le thème du climat, la Medcop 21 a accueilli en deux jours plus de 500 représentants des acteurs de l’ensemble du pourtour méditerranéen : élus, collectivités locales, entreprises, chercheurs et enseignants, ONG et associations…
Présidé par le Président de la République Française, cette manifestation a vu une forte représentation des acteurs marocains et un positionnement volontariste de la Ministre chargée de l’Environnement, Mme Hakima El Haite, sur le rôle du Maroc dans ce domaine. Les travaux de la Medcop 21 se sont distingués par l’adoption d’un « Agenda positif méditerranéen » autour de 27 propositions et 133 bonnes pratiques. Neuf grands enjeux ont été soulignés dont la nécessité de favoriser l’évolution des comportements individuels et collectifs vers plus de responsabilité environnementale, la modification des modes de consommation et de production notamment dans le domaine de l’énergie, le partage de l’eau entre les usages et les territoires, la protection de la mer et des milieux naturels…
Mme El Haite a ainsi annoncé qu’en prévision de la COP 22, qui aura lieu au Maroc en 2016, seront organisées deux événements préparatoires : un Sommet du Climat des entreprises avec la CGEM et une Alliance de la société civile au Maroc.

Maitriser nos émissions de gaz à effet de serre et contribuer à la performance, notamment environnementale, du Grand Casablanca : nos objectifs d’entreprise socialement responsable

De par ses déplacements professionnels, les consommations d’électricité de ses bâtiments et de ses ouvrages ainsi que par les installations électriques liées à son activité de distribution d’électricité, Lydec émet des gaz à effet de serre(GES), comme toute activité économique.
Consciente de cet enjeu, Lydec a consacré l’objectif 2 du Plan d’Action Développement Durable 2020 à la maitrise de ses émissions de GES.

Nos actions en faveur de la lutte contre le changement climatique

Cinq domaines d’actions ont été identifiés par Lydec comme prioritaires, dans le cadre de la maîtrise de ses émissions de gaz à effet de serre:
– Efficacité énergétique : introduction de critères d’efficacité énergétique pour la sélection d’appareils et d’équipements peu consommateurs en énergie;
– Sobriété énergétique : à travers la diffusion des bonnes pratiques liées à l’utilisation de l’énergie envers nos différentes parties prenantes (collaborateurs, clients, industriels) ;
– Recours aux Energies renouvelables : Green Data center, éclairage extérieur des stations;
– Optimisation des déplacements : rationalisation du parc automobile et choix de véhicules à faible émission de CO2, mutualisation du transport du personnel entre sites (navette), équipement des agents en outils nomades communicants (PDA), utilisation d’outils de géolocalisation, suivi du parc roulant etc.
– Réduction des émissions de SF6 : contrôle régulier de l’étanchéité des installations et révision décennale des postes sources avec enveloppes blindées

Lydec contribue également à la lutte et à l’adaptation au changement climatique par le biais de ses métiers.

La préservation de la ressource en eau, un défi quotidien

La préservation de la ressource en eau concerne directement le premier métier de Lydec : la distribution d’eau potable aux habitants du Grand Casablanca. C’est un défi que Lydec relève chaque jour. Cet important patrimoine fait l’objet d’une surveillance 24h/24 et 7 jours/7. Il est en effet primordial de sécuriser l’alimentation en eau potable de la ville tout en veillant à préserver cette ressource.

Lydec s’engage ainsi à lutter en permanence contre le gaspillage des ressources et à sécuriser l’alimentation en eau potable. Cela fait partie de l’engagement de l’entreprise en faveur du développement durable et de son objectif contractuel. Trois grands facteurs – la réduction des délais d’écoulement des fuites, le ciblage du renouvellement du réseau et la qualité des travaux neufs – ont permis une économie annuelle d’environ 38 millions de m3 d’eau potable par rapport à 1997 !

La Station d’épuration de Mediouna, dont la qualité d’épuration permet la réutilisation des eaux traitées pour l’irrigation agricole, joue également un rôle important pour la préservation de la ressource hydrique dans la Région.
Les stations de prétraitement ont pour objectif d’éliminer les déchets volumineux, les sables et graviers et les graisses et huiles des eaux usées, alors que les stations d’épuration appliquent en plus de ces trois traitements, de un à trois traitements supplémentaires, qui permettent d’obtenir des eaux suffisamment assainies pour être rejetées directement dans le milieu naturel et être réutilisées pour certains usages, comme l’irrigation en agriculture.
C’est pourquoi le système d’épuration a été choisi pour la construction de la station de Médiouna, située à l’intérieur des terres et proche des habitations de la commune du même nom ainsi que d’une rivière, l’Oued Hassar.
Inaugurée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en présence de M. François Hollande, Président de la République Française, le 3 avril 2013, la station de Médiouna est la première station d’Afrique du Nord à être dotée d’un processus combinant le procédé des boues activées et la technologie membranaire. Cette technique permet d’obtenir une qualité de filtrage supérieure au traitement classique, permettant la réutilisation des eaux traitées dans l’irrigation agricole. Plus de 550 000 m3 d’eau sont traités par la station de Mediouna et dirigées vers l’Oued Hassar chaque année pour servir comme eau d’irrigation en agriculture.

Assainissement et protection du littoral, un des principaux défis urbains du Grand Casablanca

Les enjeux liés à l’assainissement sont pleinement intégrés par Lydec, qui les a placés au 1er rang de ses investissements.
Grâce à cet engagement, le taux de dépollution du Grand Casablanca est aujourd’hui de 100%. Plus simplement, cela veut dire que l’ensemble des eaux usées de la métropole sont prétraitées ou épurées avant d’être rejetées en milieu naturel, principalement le littoral.
La mise en service du Système AntiPollution Est du Grand Casablanca, inauguré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 13 mai 2015, permet en effet une revalorisation des écosystèmes naturels et urbanistiques de la Région du Grand Casablanca et une préservation de la qualité des eaux de baignade de cette zone.

 

Le Système Anti-Pollution du littoral Est (SAP Est) du Grand Casablanca : l’innovation au service de la ville, de ses habitants et de son environnementDémarré en 2011, ce chantier d’envergure, qui a nécessité un investissement de 1,45 milliard de dirhams, soit le plus important de la gestion déléguée, a été inauguré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 13 mai 2015.
Le SAP Est dépollue une côte de 24 km de longueur et se compose de :
– Deux intercepteurs côtiers.
– Une station de prétraitement, « Eaucéan », à Sidi Bernoussi.
– Un émissaire marin (long tuyau sous la mer) de 2,2 km de longueur.
La station traite quotidiennement 35 tonnes de déchets. Son débit actuel est de 7,2 m3/seconde, et devrait atteindre 11 m3/s d’ici 2030, ce qui en fait la plus grande installation de ce type réalisée sur le continent africain. Le SAP Est est au service d’une population de 2,5 millions d’habitants et traite 55% des eaux usées du Grand Casablanca.
L’ensemble de la démarche liée à la réalisation du SAP Est a permis à Lydec de recevoir le premier prix de la catégorie Responsabilité Sociale et Environnementale de l’Entreprise des Tophées Lalla Hasnaa « Littoral Durable » décerné par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement en décembre 2014. En effet, de par son envergure et sa portée, le SAP Est contribue fortement à la réhabilitation urbaine de la côte Est du Grand Casablanca et favorise la restitution de l’intégralité du littoral à ses habitants, avec notamment des eaux de baignade conformes aux normes marocaines de salubrité.

 

La sensibilisation à la protection de l’environnement, un enjeu fondamental

Première de son genre au Maroc, « Eaucéan Galerie » est un espace pédagogique de 150 m2 situé au sein même de la station de prétraitement du même nom. Elle répond ainsi à l’engagement pris par Lydec de sensibiliser ses parties prenantes à l’environnement et au développement durable, tel qu’inscrit dans l’objectif 18 de son Plan d’Actions Développement Durable 2020.
Accessible à tous les publics, jeunes ou adultes, elle a pour vocation de les sensibiliser aux étapes du cycle de l’eau et de traitement des eaux usées ainsi qu’aux enjeux liés à la préservation du littoral et des océans. L’adjonction d’une galerie pédagogique au site même d’une station de prétraitement est une première au Maroc. Elle contribue ainsi au développement d’une conscience environnementale, en particulier auprès des jeunes générations qui elles-mêmes la transmettront aux prochaines générations.

 

Préparer la ville durable de demain

Le Projet « Ville de demain « a été initié en 2012 au sein de Lydec.
Ce projet a deux objectifs principaux :
– Proposer au-delà des services offerts par Lydec dans le cadre du contrat de gestion déléguée, une vision et une expertise en faveur d’une évolution urbanistique durable du Grand Casablanca,
– Accompagner les parties prenantes de l’entreprise, au travers d’une démarche partenariale, dans l’intégration des enjeux de préservation de l’environnement et de développement socio-économique durable de la Ville.
Des partenariats avec différents instituts de recherche et grandes écoles (Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme, Université Hassan II Mohammedia-Casablanca, Université Mundiapolis Casablanca, Institut de Recherche pour le Développement de Marseille notamment) ont été conclus afin d’alimenter la recherche fondamentale dans le domaine, développer des solutions techniques ou des projets pilotes.
Ce projet a été retenu parmi les 40 projets méditerranéens présentés lors de l’atelier « Villes et Territoires durables » lors de la Medcop 21 des 4 et 5 juin derniers à Marseille.

photo afrique

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