Journées Mondiales de l’Environnement et l’Océan
Des gestes simples pour lutter contre le changement climatique : les éco-gestes à la maison et au bureau

Chacun d’entre nous peut contribuer à la transition vers une économie durable et bas carbone. En effet, par des gestes simples, effectués au quotidien, chaque personne peut réduire de manière significative son impact sur l’environnement. Consommer de manière responsable c’est aussi lutter concrètement contre le changement climatique et devenir un acteur du développement durable dans son quotidien 

  • A la maison : je lutte contre le gaspillage alimentaire

– Le gaspillage alimentaire : un impact majeur sur l’environnement 

L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a évalué en 2013 l’étendue du gaspillage alimentaire dans le Monde ainsi que son impact sur l’environnement. Ces conclusions sont alarmantes :

Au niveau mondial,

  • Environ un tiers de la nourriture produite pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé : cela représente 1,3 milliard de tonnes par an, soit plus de 160 kg par an et par habitant
  • Le coût économique direct de ce gaspillage de produits agricoles (hors poisson et fruits de mer) s’élève à environ 750 milliards de dollars américains (plus de 7 200 milliards de dirhams), soit 7 fois le PIB du Maroc.
  • Le gaspillage alimentaire à l’échelle mondiale a lieu pour 54 % durant les phases de production, de manutention et de stockage. Et pour 46 % aux stades de la transformation, de la distribution et de la consommation.
  • Le gaspillage alimentaire est responsable de l’émission de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre par an. C’est donc la 3ème plus importante source d’émission mondiale de gaz à effet de serre, après la Chine et les Etats-Unis.

Or, la FAO estime que, pour répondre à la demande en nourriture de la population mondiale en 2050, la production alimentaire devra augmenter de 60%. S’attaquer au gaspillage alimentaire, c’est donc contribuer à réduire la nécessité d’augmenter la production alimentaire mondiale. A l’heure où les ressources naturelles se raréfient, cela permet ainsi de réduire considérablement la pression sur les ressources naturelles.

Le Maroc s’est attaqué à la question du gaspillage alimentaire. En juin 2015, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime a lancé un projet pour concevoir et mettre en œuvre une stratégie nationale et un plan d’action de réduction des pertes et gaspillage alimentaires en partenariat la FAO. Le projet est dirigé par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Au Maroc, les estimations des pertes en post-récoltes des fruits et légumes sont évaluées entre 20 et 40%.

– Des gestes simples pour lutter contre le gaspillage alimentaire

 

Je prépare ma liste de courses

Avant de faire mes courses, je fais l’inventaire de ce qu’il me reste à la maison. Je prépare ma liste de course en fonction. Ainsi je n’achète pas ce dont je n’ai pas besoin.

 

J’achète la juste quantité d’aliments

De nombreux aliments, notamment les produits frais, ont des durées de conservation limitées. Il est donc important d’être vigilant sur le choix des produits et les quantités afin de n’acheter que ce que je serai en mesure de consommer. Éviter d’acheter des produits frais en trop grande quantité, c’est limiter les risques de gaspiller.

 

Je fais attention aux dates de péremption

Pour savoir quel aliment je peux consommer ou non, il est important de bien identifier les dates de péremption. Pour les produits alimentaires vendus dans un conditionnement, les emballages indiquent un délai pour leur consommation. Il existe deux types d’indications :

  • La date limite de consommation (DLC): elle concerne les denrées périssables, à conserver au frais. On trouve sur le conditionnement la mention « À consommer jusqu’au… ». Cette mention s’applique aux produits susceptibles, après une courte période, de présenter un danger pour la santé humaine, comme la viande vendue en barquette ou le poisson.
  • La date de durabilité minimale (DDM) : elle s’applique à des produits de longue conservation, à faible teneur en eau ou stérilisés. C’est le cas des gâteaux secs, du café, du sucre, du riz, ou encore des aliments en conserve. On trouve sur le conditionnement la mention « À consommer de préférence avant…». Une fois la date indiquée passée, la denrée ne présente pas de danger pour la consommation.

 

Je veille à la bonne conservation des aliments

Bien conserver les aliments permet d’éviter qu’ils ne se détériorent rapidement et finissent à la poubelle.

– J’apprends à décrypter sur les emballages les modes de conservation recommandés.

 

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Source : ADEME, Le gaspillage alimentaire, un triple enjeu / Ca suffit le gâchis, http://www.casuffitlegachis.fr/

Je cuisine intelligemment

Souvent le gaspillage alimentaire est le résultat de petits dérapages (aliments oubliés dans le réfrigérateur, portions trop généreuses…). En cuisinant de manière stratégique, je peux éviter un grand nombre de gaspillage. Par exemple, je cuisine en priorité les aliments entamés ou bientôt périmés, je cuisine les justes quantités en fonction du nombre de convives. Lorsque je reçois des invités, j’essaye au maximum de cuisiner des plats dont les restes pourront être consommés le lendemain.

Je cuisine les restes. Nous jetons trop souvent des restes de plats, viandes, légumes, pâtes… alors qu’ils peuvent être accommodés en de nouveaux plats. Il y a de nombreuses façons de cuisiner les restes. En plus, je gagne du temps et de l’argent.

 

Au restaurant, j’adopte de bons réflexes

Je me renseigne sur les portions avant de commander un menu complet. En cas de restes, je demande au serveur si je peux les emporter. Beaucoup de restaurants ont des conditionnements prévus à cet effet. Je gagne ainsi de l’argent et j’évite que les restes de mon plat ne terminent à la poubelle.

 

  • Au bureau : j’ai une utilisation éco-responsable d’Internet

 – Internet : un outil incontournable, à manier avec précaution

Une étude de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), publiée en février 2014, s’est penchée sur l’impact environnemental des emails et des recherches sur Internet (les « requêtes Web ») que nous envoyons chaque jour.

 

Les emails

Chaque jour, ce sont quelques 215 milliards d’emails qui sont envoyés (hors spam). Les prévisions pour 2020 s’élèvent à 258 milliards d’emails envoyés par jour (Radicati Group, mars 2016).

L’envoi de 33 courriels d’1 Mo à 2 destinataires par jour et par personne génère annuellement des émissions équivalentes à 180 kg de CO2, ce qui équivaut à plus de 1000 km parcourus en voiture.

Multiplier par 10 le nombre des destinataires d’un courriel multiplie par 4 son impact sur l’environnement.

Les requêtes Web

Lorsque nous surfons sur le Web, nous utilisons des serveurs qui consomment de l’électricité et dégagent de la chaleur. Cela génère donc d’importantes pollutions. La recherche d’information en utilisant un moteur de recherche a une empreinte carbone de 9,9 kg équivalent CO2 par an et par internaute.

 – Quelques gestes pour une éco-utilisation d’internet

J’imprime avec modération 

Dans une entreprise de 100 personnes, diminuer de 10% le taux d’impression des mails reçus par les employés permet d’éviter l’émission de 5 tonnes équivalent CO2 par an. Cela équivaut environ à 5 allers retours Casablanca/Paris en avion. Ainsi, je n’imprime les messages, les pièces jointes, les pages web que si cela est vraiment utile. Si je dois imprimer, j’essaye au maximum d’imprimer en noir et blanc, recto/verso et 2 pages par face.

 

Je surfe sur le Web intelligemment

Si je vais directement à l’adresse du site que je souhaite consulter, par exemple en tapant son adresse, ou en l’ayant au préalable enregistré dans les favoris (plutôt que de le rechercher en passant par un moteur de recherche), je divise par 4 les émissions de gaz à effet de serre de cette requête.

Je prolonge la durée de vie de mes appareils

Si je prolonge la durée de vie de mon ordinateur de 4 à 7 ans, je réduis l’impact de mes recherches web d’environ 20 à 35%.

 

J’utilise les emails astucieusement

Je réduis le nombre de destinataires de mes emails : en ciblant les destinataires de mes messages, je limite le nombre d’envois

J’optimise le temps de lecture à l’écran : j’envoie des documents faciles à lire sur un écran, donc rapides à consulter

Je réduis le poids des documents en pièces jointes, en envoyant des fichiers compressés, des images et des PDF basse résolution. Je supprime les pièces jointes attachées aux messages auxquels je réponds.

Je supprime les vieux emails : je ne conserve que les emails nécessaires, je fais régulièrement le tri de ma boîte mail. Je supprime également tous les spams et j’installe un anti-spam sur ma boîte mail.

Sources :

Le Monde, Laetitia Van Eeckhout, « 5 questions sur le gaspillage alimentaire », 10/12/2015, http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/12/10/gaspillage-alimentaire-les-grandes-surfaces-ne-pourront-plus-jeter_4829076_3244.html

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Food Wastage Footprint, Impact on natural resources, Summary Report, 2013, http://www.fao.org/docrep/018/i3347e/i3347e.pdf

Royaume du Maroc, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, « Lancement du projet d’élaboration d’une stratégie nationale et d’un plan d’action de réduction des pertes et gaspillages alimentaires au Maroc en partenariat avec la FAO », http://www.agriculture.gov.ma/pages/actualites/lancement-projet-elaboration-strategie-nationale-et-d%E2%80%99un-plan-d%E2%80%99action-reduction-perte-gaspillage-alimentaire

ADEME, Le gaspillage alimentaire, un triple enjeu / Ca suffit le gâchis, http://www.casuffitlegachis.fr/

Le Monde, Blog écologie, Audrey Garric, « Combien de CO2 pèsent un mail, une requête Web et une clé USB ? », 07/07/2011, http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/07/07/combien-de-co2-pesent-un-mail-une-requete-web-et-une-cle-usb/

Arobase, « Les chiffres 2016 de l’email », http://www.arobase.org/actu/chiffres-email.htm

ADEME, Au bureau, Internet, courriels : réduire les impacts, limiter nos consommations d’énergie et de matières premières, février 2014, https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-internet-courriels-reduire-impacts.pdf

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