Santé au travail : entretien avec Rokia Goudrar, DRH de Lydec

Un des objectifs assignés à la santé au travail est l’amélioration du bien-être des salariés.

Médecin du travail à plein temps, infirmiers, assistantes médicales, unités mobiles… Lydec a mis les moyens pour se doter d’un véritable centre de santé où sont effectués annuellement plusieurs tests. Rokia Goudrar, directrice des ressources humaines, en dit un peu plus sur la politique santé du groupe.

Comment gérez-vous la question de la santé au travail au sein de Lydec ?

Le système santé au travail mis en place à Lydec se fixe notamment comme objectif la mise en conformité avec la législation marocaine de médecine du travail, l’amélioration de la santé et du bien-être des collaborateurs de l’entreprise et la réduction du coût économique et social des accidents et des maladies.
La finalité du système est, comme définie par la loi, d’«éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail» par :
– la détermination de l’aptitude au travail ;
– les propositions d’aménagement de postes, de changement d’emplois en fonction des capacités physiques et mentales des salariés ;
– la prévention des risques professionnels, d’abord en les évaluant par la fiche d’entreprise, puis en mettant en œuvre les examens médicaux de dépistage et l’étude des conditions de travail pour les supprimer.
Pour cela, Lydec s’est dotée d’un centre de santé au travail, rattaché à la direction des ressources humaines et disposant de moyens humains et matériels adéquats : un médecin du travail à plein temps, 3 infirmiers, 2 assistantes médicales ainsi que des équipements de pointe pour réaliser différents examens (audiométrie, spiromètre, électrocardiogramme, visiotest…) et du matériel pour l’étude des conditions de travail (sonomètre, luxmètre…).
Le groupe dispose aussi d’une unité mobile équipée de la même manière que le centre de santé. Cette unité est destinée à réaliser les prestations médicales pour le personnel des directions préfectorales et des sites périphériques.
Il faut signaler également que nous disposons d’un comité d’hygiène et sécurité mis en place bien avant le code du travail le rendant obligatoire en 2004. Le comité, qui est présidé par la direction générale où figurent quatre représentants des salariés, tient régulièrement des réunions et des visites de chantiers où sont discutées les questions relatives à la santé et la sécurité au travail dans l’entreprise.

Tenez-vous fréquemment des statistiques concernant ce sujet ?

Effectivement, des statistiques sont tenues régulièrement concernant le nombre de visites médicales et le taux de présence à ces visites ; les inaptitudes, les aménagements et les changements de poste pour raisons de santé ; les taux de fréquence et de gravité des accidents du travail ; les éléments matériels concernant les accidents du travail ; le taux d’absentéisme maladie; le nombre de maladies professionnelles déclarées ainsi que l’indice de fréquence des accidents du travail. En plus des tableaux de bord, ces statistiques sont présentées lors des réunions du Comité d’hygiène sécurité et dans les rapports réglementaires adressés à l’Inspection du travail.
Ainsi, pour l’année 2013, nous avons enregistré un taux de fréquence des AT de 0,72%, un taux de gravité des AT de 0,04%, un taux d’absentéisme maladie de 0,57% ainsi qu’aucune maladie professionnelle déclarée en 2013.
A signaler enfin que notre système santé sécurité au travail est régulièrement audité par des organismes externes et fait l’objet de certifications dont la plus récente obtenue en 2013 est la certification du système intégrée qualité Santé sécurité au travail selon les normes ISO 9001 et OHSAS 18001.
– Organisez-vous régulièrement des visites médicales pour vos employés ?
Le centre de santé réalise toutes les visites médicales obligatoires imposées par le code du travail. C’est ainsi qu’en 2013 ont été effectués 129 visites d’embauche ; 3222 visites périodiques annuelles; 15 visites de reprise après AT; 29 visites de reprise après maladie ainsi que 117 visites suite à la demande des salariés.
Parallèlement aux visites médicales, des visites complémentaires à la charge de l’entreprise sont réalisées pour le dépistage des maladies professionnelles. Cette année, ont été effectués 182 examens de laboratoire, 131 examens radiologiques, 143 spiromètres ainsi que 150 audiométries.

Menez-vous d’autres tests?

Une vaccination antigrippale est proposée annuellement aux salariés qui le souhaitent (670 en 2013). Par ailleurs, l’action antitabac est une des actions phare menées par le groupe. Grâce à nos efforts de sensibilisation et d’accompagnement, le taux de fumeurs est passé chez nous de 33% en 2005 à 20% en 2013 (Lydec est déclarée “entreprise sans tabac” depuis mai 2006).

Y a-t-il une sensibilisation au niveau des risques psychosociaux ?

Un des objectifs assignés à la santé au travail est l’amélioration du bien-être des salariés. Ce bien-être comme le définit l’OMS est aussi bien physique que mental et social. Dans l’analyse des risques professionnels, nous prenons en compte les facteurs liés à la contrainte psychique au même titre que les autres facteurs de risques. Les salariés exposés à des risques d’agression physique ou mentale, ou affectés à des travaux contraignants psychiquement sont répertoriés dans la fiche d’entreprise.
Les mesures préventives qui sont faites ou qui sont à faire figurent sur cette fiche. Parmi ces mesures, il y a la sensibilisation des intéressés exposés et de leur hiérarchie, les aménagements proposés à faire au niveau de l’activité, les changements de postes provisoires ou définitifs, et, le cas échéant, l’orientation et la prise en charge par des structures spécialisées en externe.
Des conférences et des présentations sur le bien-être au travail ont été organisées dans l’entreprise cette année. Le comité d’hygiène et sécurité en a bénéficié également.
Parallèlement, une étude consacrée à la pénibilité au travail a été faite sur un échantillon des salariés. Elle a révélé en particulier l’absence d’incompatibilité des travaux effectués avec le bien-être au travail des personnels interrogés.

Source : La Vie éco

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